12,14 € de l’heure dans le TRM : le taux horaire routier 2024, le SMIC et les dates à vérifier
Le taux horaire routier 2024 se lit d’abord dans les grilles conventionnelles du transport routier de marchandises, puis se compare au SMIC. Le repère le plus recherché reste le minimum conventionnel du coefficient 138M, à 12,14 euros bruts de l’heure après la revalorisation de +5,4 %. Mais ce montant ne suffit pas à lui seul : il faut vérifier le coefficient, la catégorie professionnelle, la date d’application et le statut de l’entreprise au regard de l’accord de branche.
Le taux horaire routier 2024 à retenir en priorité
Dans le TRM, le taux horaire applicable n’est pas un montant unique pour tous les salariés. Il dépend de la classification conventionnelle : groupe, coefficient, emploi occupé et, selon les règles prévues, ancienneté éventuelle. Pour un conducteur souvent cité comme référence, le minimum conventionnel du coef 138M ressort à 12,14 euros bruts de l’heure.

La revalorisation de +5,4 % des rémunérations conventionnelles a permis de repositionner les minima de branche au-dessus du SMIC à certains moments de l’année. C’est un point utile, car beaucoup d’employeurs et de salariés raisonnent uniquement à partir du SMIC, alors que la convention collective peut prévoir un minimum plus favorable.
| Repère de paie | Montant ou règle | À quoi cela sert |
|---|---|---|
| Minimum conventionnel coef 138M | 12,14 euros bruts par heure | Référence courante pour vérifier un taux conducteur |
| Revalorisation conventionnelle | +5,4 % | Mise à jour des grilles salariales TRM |
| Base mensuelle standard | 151,67 heures | Calcul d’un salaire mensuel brut de référence |
| SMIC horaire au 1er novembre 2024 | 11,88 euros | Plancher légal à comparer au minimum de branche |
À titre de calcul simple, un taux de 12,14 euros appliqué à 151,67 heures donne un brut mensuel de référence supérieur au SMIC mensuel calculé sur la même base. Ce calcul reste un repère : il ne remplace pas la fiche de paie complète, qui peut intégrer des heures supplémentaires, des primes, des majorations, des indemnités ou des frais de déplacement.
Pourquoi le coefficient change tout dans la grille TRM
Un taux horaire se vérifie toujours avec la classification
La grille conventionnelle du transport routier ne fonctionne pas comme une grille uniforme. Deux salariés peuvent travailler dans la même entreprise, mais relever de coefficients différents selon leur emploi, leurs missions, leur qualification ou leur classification. C’est pourquoi demander “le” taux horaire routier 2024 sans préciser le coefficient peut conduire à une réponse incomplète.
Le bon réflexe consiste à partir du bulletin de paie ou du contrat de travail pour identifier le coefficient indiqué, puis à le comparer à la grille conventionnelle applicable. Le coefficient 138M est très souvent évoqué dans le transport de marchandises, mais il ne couvre pas toutes les situations : conducteurs, personnels sédentaires, ouvriers, employés, techniciens ou agents de maîtrise peuvent dépendre de lignes différentes.
La base 151,67 heures donne seulement un socle mensuel
La base de 151,67 heures correspond à la durée mensuelle de référence pour un temps plein à 35 heures hebdomadaires. Elle sert à convertir un taux horaire brut en salaire mensuel brut minimum. Par exemple, avec un taux horaire de 12,14 euros, la multiplication par 151,67 heures donne une première lecture du minimum mensuel.
Dans le transport routier, cette lecture doit toutefois être maniée avec prudence. Les horaires réels, les amplitudes, les heures supplémentaires, les repos, les découchés ou les majorations peuvent modifier sensiblement la rémunération finale. Le taux horaire minimum est donc le plancher de départ, pas le salaire total nécessairement perçu.
Une paie laisse une empreinte très lisible quand on sait où regarder : le coefficient indique la clé conventionnelle, le taux horaire montre le socle, la base mensuelle révèle le volume payé, puis les lignes d’indemnités racontent les contraintes du métier. Pour détecter une anomalie, il ne faut donc pas regarder seulement le net à payer ; il faut suivre cette logique depuis la classification jusqu’au calcul brut.
SMIC ou minimum conventionnel : le montant le plus favorable s’applique
La règle est simple dans son principe : le salarié doit percevoir au moins le SMIC légal, mais aussi au moins le salaire minimum prévu par la convention collective lorsque celui-ci est plus favorable. La fiche du Code du travail numérique rappelle cette articulation entre salaire minimum légal et salaire minimum conventionnel.
Au 1er novembre 2024, le SMIC horaire brut est passé à 11,88 euros, contre 11,65 euros auparavant. Sur une base de 151,67 heures, cela correspond à 1801,80 euros bruts mensuels, contre 1766,92 euros avant revalorisation. Cette hausse n’efface pas automatiquement les grilles TRM : elle oblige à comparer ligne par ligne avec le minimum conventionnel applicable.
| Situation | Règle à appliquer | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Minimum conventionnel supérieur au SMIC | Application du minimum conventionnel | Le salarié doit être payé au moins au niveau de la grille |
| SMIC supérieur au minimum conventionnel | Application du SMIC | Le SMIC devient le plancher à respecter |
| Taux payé déjà supérieur aux deux minima | Pas de rattrapage automatique sur le taux de base | Il faut tout de même vérifier primes et classification |
L’écart entre 12,14 euros et 11,88 euros est de 26 centimes par heure. Cet écart peut sembler limité, mais il compte sur une paie mensuelle et surtout dans les entreprises où les rémunérations restent proches des minima. Il explique aussi pourquoi les hausses du SMIC relancent régulièrement les discussions sur les bas de grille dans la branche.
Dates d’application : adhésion patronale, accord de branche et Journal Officiel
Le 1er décembre 2023 comme point de départ pour les grilles 2024
Les grilles conventionnelles applicables en 2024 ont été présentées comme entrant en vigueur au 1er décembre 2023 pour les acteurs concernés. Cette date est essentielle pour les services paie, car elle détermine à partir de quel mois le nouveau minimum doit être appliqué et, le cas échéant, si un rappel de salaire doit être envisagé.
Dans la pratique, l’application peut dépendre de la situation de l’entreprise : adhésion à une organisation patronale signataire, extension de l’accord, publication au Journal Officiel. C’est souvent ce point qui crée de la confusion. Un salarié peut lire une grille revalorisée, mais l’employeur doit vérifier à quelle date elle devient juridiquement opposable dans son cas.
Les NAO TRM expliquent le calendrier social
Les négociations annuelles obligatoires du TRM ont porté sur les rémunérations conventionnelles, dans un contexte de tension entre pouvoir d’achat, coût du travail et attractivité des métiers. Une deuxième réunion des NAO a notamment eu lieu le 11 octobre, avec des discussions entre organisations patronales et organisations syndicales.
Parmi les acteurs cités dans ce type de négociation figurent notamment la FNTR, l’OTRE, l’Union TLF côté patronal, ainsi que l’Union fédérale route FGTE-CFDT, FO-UNCP, la CFTC ou le SNATT CFE-CGC côté salariés. Pour une entreprise, l’enjeu n’est pas seulement de connaître un chiffre : il est de savoir quel texte a été signé, par qui, puis à quelle date il produit effet.
Ce que cela change concrètement pour employeurs et salariés
Pour le salarié, le premier contrôle consiste à comparer quatre éléments : le coefficient inscrit sur la fiche de paie, le taux horaire brut, la base d’heures payées et le minimum conventionnel correspondant. Si le taux est inférieur au minimum applicable, la question d’une régularisation se pose. Si le taux est supérieur, il reste utile de vérifier que la classification correspond réellement aux missions exercées.
Pour l’employeur, la revalorisation de +5,4 % impose un contrôle de conformité. Les salariés payés au minimum ou très proches du minimum sont les plus directement concernés. Le paramétrage du logiciel de paie, les contrats, les avenants éventuels et les budgets de masse salariale doivent être revus pour éviter les écarts.
Les frais de déplacement font aussi partie des points à surveiller. Ils ne se confondent pas avec le taux horaire, mais leur barème peut être revu à la hausse en parallèle des rémunérations. Dans le transport routier, ces indemnités ont un poids concret dans le quotidien : repas, découchés, contraintes de tournée et temps passé loin du domicile.
La bonne méthode consiste donc à ne pas isoler le taux horaire routier 2024 de son environnement conventionnel. Le chiffre de 12,14 euros pour le coef 138M donne un repère utile, mais la réponse juste dépend toujours de la grille applicable, du coefficient exact, de la date d’effet et de la comparaison avec le SMIC. C’est cette lecture complète qui permet de payer correctement, de réclamer utilement ou de sécuriser une paie TRM.
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